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Saint-Émilion  Les Chinois franchissent une nouvelle étape

Publié le jeudi 29 novembre 2012 - 16h35

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Bellefont-Belcier, grand cru classé de Saint-Émilion, vient d’être acheté par un industriel chinois du fer. Cette acquisition de prestige dans le Bordelais marque une montée en gamme de l’implantation d’investisseurs chinois « enhardis » dans le vin français.

Cette vente, en négociation depuis des mois, a été « finalisée » le 23 novembre pour un montant qui n’a pas été communiqué, a-t-on appris jeudi auprès du château et de l’intermédiaire de la vente. L’acquéreur, un industriel chinois du fer âgé de 45 ans présenté comme Monsieur Wang, est déjà présent dans le domaine du vin comme importateur, a-t-on indiqué sans plus de précision auprès de l’intérmédiaire, le cabinet Franck Lagorce Conseil.

Selon une source proche des négociations, elles auraient porté sur une fourchette de 1,5 à 2 millions d’euros l’hectare. Bellefont-Belcier couvre 13 hectares de vignobles sur la commune de Saint-Laurent-des-Combes, près de Saint-Emilion, en Gironde, et est entouré de joyaux de l’appellation, tels Pavie ou Larcisse-Ducasse, selon l’intermédiaire.

Le personnel du château, moins d’une dizaine de salariés, a été présenté au nouveau propriétaire vendredi en fin de journée. Celui-ci n’a pas donné d’indication sur ses projets pour le domaine, et est reparti depuis en Chine.

La transaction, révélée par le site du magazine « Terre de vins » du groupe Sud Ouest, est l’acquisition la plus prestigieuse réalisée ces dernières années dans le Bordelais par un investisseur chinois.

Les Chinois y ont acheté une trentaine de châteaux depuis quatre ou cinq ans, mais des analystes du secteur et spécialistes de l’immobilier viticole estiment que la vague d’achats va peu à peu porter sur des châteaux plus prestigieux. La profession se refuse encore à parler d’une « ruée », avec une trentaine de propriétés vendues en quatre ans, sur les huit mille que compte le Bordelais.

Jusque-là, les Chinois se sont concentrés sur de petits domaines et des appellations génériques. Mais ils commencent à s’intéresser aux appellations Médoc et Saint-Émilion. Bellefont-Belcier est un cran au-dessus et un symbole fort, venant trois mois après la vente de Gevrey-Chambertin (lire notre article), en Bourgogne, acquise par un investisseur chinois, pour une somme avoisinant les 8 millions d’euros.

Avec Bellefont, « on franchit un cap symbolique, mais prévisible, estime le président du Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB), Georges Haushalter. L’intérêt des Chinois pour nos vins se confirmant, il est assez logique qu’ils s’intéressent à l’ensemble de la gamme. » Pour le CIVB, les Chinois, même s’ils restent « prudents », « s’enhardissent » dans le vin, sont « prêts à mettre des montants plus élevés sur la table, donc cela les conduit plus haut dans la hiérarchie des bordeaux ».

Actuellement, « une dizaine de propriétés sont en cours de négociation » avec des acquéreurs chinois, souligne Hervé Olivier, directeur régional de la Safer, intermédiaire dans un tiers environ des transactions.

En Bordelais, les Chinois ne suscitent à ce jour ni rejet ni inquiétude et « ne font pas voler en éclats le prix du foncier », note la Safer. Le plus souvent, « ils rachètent des propriétés qui sont à vendre depuis longtemps et qui n’intéressent pas les gens du coin », en raison d’un modèle économique difficilement tenable.

En outre, Georges Haushalter assure voir à ce jour chez les acquéreurs chinois « des gens amoureux de nos vins et de nos terroirs qui investissent pour rénover des bâtisses, des vignes et des chais, et qui ont l’ambition de produire des vins de qualité. »

Professionnels comme négociants rappellent que les Chinois ne font que s’inscrire dans une lignée d’investisseurs étrangers dans le bordeaux, après Anglais, Hollandais, Américains, Japonais, contribuant à son rayonnement historique.

La Chine est devenue depuis l’an dernier première destination à l’exportation des vins de Bordeaux. Elle représente 10 % du bordeaux consommé dans le monde.

AFP

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