La Vigne: Viticulture et vin : actualités et vidéos viticoles

Rechercher

Votre compte

 

Inscrivez-vous | Aide |

Retour sur la page d'accueil  Accueil / Actualités / Sauternes et Barsac : La cartographie des sols démystifie la botrytisation
Actualités viticoles

Sauternes et Barsac La cartographie des sols démystifie la botrytisation

Publié le lundi 04 mars 2013 - 18h40

    • agrandirla taille du texte
    • rduire la taille du texte
    • imprimer

L’ODG de Sauternes et Barsac vient de faire établir une cartographie des sols de ses appellations. Cet outil va être utile aux producteurs dans le choix du matériel végétal. Il explique aussi de façon rationnelle les mystères de la botrytisation.

La cartographie des sols du Sauternais va permettre aux viticulteurs de la région de mieux choisir leur matériel végétal. © P. ROY

La cartographie des sols du Sauternais va permettre aux viticulteurs de la région de mieux choisir leur matériel végétal. © P. ROY

Jean-Paul Party, du bureau Sol-Conseils, a présenté le 1er mars, à Sauternes, en Gironde, une cartographie des sols du sauternais. Les viticulteurs et maires ont écouté avec attention la présentation du pédologue. « Notre ODG a souhaité disposer d’une connaissance et d’une typologie approfondies de ses sols. Ce qui permettra de les valoriser en choisissant le matériel végétal qui convient le mieux, avec des portes-greffes adaptés. Jusqu’alors, nous n’avions pas de vue d’ensemble » a indiqué en préambule Xavier Planty, le président de l’ODG.

Dans les aires de Sauternes et Barsac, le bureau Sol-Conseils a cartographié 6 000 ha (zones AOC, forestières et urbaines) au un vingt-cinq millième de précision sur cinq communes (Sauternes, Barsac, Preignac, Bommes et Fargues). Soit 450 sondages à la tarière (un tous les 12 hectare), 35 profils de sols et 154 échantillons prélevés et analysés en détail.

Résultat, les sols sont répartis de la façon suivante : 17, 5 % d’alluvions, 7, 5 % de colluvions, 20 % d’affleurements calcaires, 30 % de basses et moyennes terrasses et 25 % de hautes terrasses. Les sols du sauternais sont majoritairement sableux (80 % des surfaces) avec quelques affleurements argileux et sols limoneux de la vallée de la Garonne.

Au passage, Jean-Paul Party a cassé le mythe du Ciron et de ses brumes matinales censées favoriser le développement du botrytis. Le scientifique a en effet expliqué qu’« une hydromorphie est marquée sur les sols de Graves de haute terrasse. Ces sols contiennent des nappes temporaires avec des vapeurs d’eau qui ressortent et amènent de l’humidité, favorisant ainsi la botrytisation ».

La cartographie de sols met aussi en évidence de fortes teneurs en cuivre dues aux pratiques viticoles, mais aussi en zinc, en fer (résidus d’altération des matériaux et pratiques viticoles) et en manganèse (résidus d’altération des matériaux).

Une fois les sols bien connus, le choix des portes greffes peut se faire. « Cette carte des sols qui n’impose rien, et qui reflète la réalité du terrain, est un véritable outil de travail pour les plans d’encépagement », a répété Jean-Paul Party.

Reste à savoir comment les viticulteurs pourront bénéficier de cette base de données. L’ODG de sauternes Barsac, qui a financé la cartographie (un coût de 50 000 euros, dont 25 % de subvention du conseil général de la Gironde), n’a pas tranché sur sa diffusion.

Un terroir à préserver

Cinq étudiants de l’école d’ingénieur de Bordeaux Sciences Agro ont tracé ce 1er mars, devant viticulteurs et élus, des pistes pour lutter contre l’urbanisation du territoire sauternais et ainsi défendre la vigne face à cette « artificialisation ». Une mission que leur a confié l’ODG de Sauternes et Barsac.

En 2009, la surface du sauternais était occupée à 41 % par des vignes, à 32 % par de la forêt, à 12 % par des champs agricoles et à 11 % par des zones artificielles. Entre 2000 et 2009, les étudiants ont observé « une hausse modérée de l’artificialisation », qui pourrait toucher à terme 27 % de terres à « bon potentiel viticole ».

Leurs préconisations : une gestion de l’artificialisation concertée ainsi qu’une mise en valeur du patrimoine architectural et paysager. Mais ils conseillent aussi d’utiliser les logements vacants. Au lieu de construire, mieux vaut utiliser l’existant. 324 logements vacants ont été recensés en 2009. La collaboration avec Bordeaux Sciences Agro devrait se poursuivre.

Colette Goinère

Les commentaires (0)
Fonctionnalité réservée aux abonnés

Le commentaire d'article est réservé aux abonnés de La Vigne.

Si vous êtes abonné, identifiez-vous dans le bloc "services experts"
situé en haut à droite de la page.

Si vous voulez vous abonner et profiter de tous les contenus du site ainsi que de l’édition papier de La Vigne, cliquez sur le lien ci-dessous :

Les publications du Groupe France Agricole
En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez l’utilisation de cookies afin de nous permettre d’améliorer votre expérience utilisateur. En savoir plus et paramétrer les traceurs. OK